MUSIQUE AU LEMAN 2014

Astor PIAZZOLA

Compositeur et bandéoniste

Quand Astor Piazzolla a huit ans, son père, passionné de tango, lui offre un bandonéon. L'enfant est déçu, il aurait préféré un saxophone car la musique qui le passionne alors est le jazz. Un jour qu'il joue dans la cour de son immeuble, Astor découvre Jean-Sébastien Bach : c'est le pianiste Bela Wilda, ancien élève de Rachmaninoff, qui étudie neuf heures par jour. La musique de Bach l'impressionne tant qu'il veut prendre des cours avec Bela Wilda.

En 1938, à dix-sept ans, il décide de devenir bandonéoniste professionnel et s'installe à Buenos Aires. Pendant un an, il joue dans des orchestres médiocres. Tous les soirs, il se rend au Germinal - le Broadway de Buenos Aires - où le célèbre bandonéoniste Aníbal Troilo joue avec son Orquesta tipica. Quand un des bandonéonistes tombe malade, Astor demande à son ami le violoniste Hugo Baralis, qui fait partie de l'orchestre, de le présenter au maestro. Comme Astor connaît tout le répertoire par cœur, il est engagé le soir même dans l'orchestre, l'un des meilleurs de l'époque. Aníbal Troilo lui fait parfois des remontrances pour qu'il se cantonne dans les frontières strictes qui sont celles de l'orchestre.

En 1954, il peut enfin réaliser son rêve : il reçoit le premier prix de composition Fabien-Sevitzky et obtient une bourse pour aller étudier à Paris avec Nadia Boulanger qui lui enseigne l'art du quatuor à cordes. Cette grande pédagogue a permis à toute une génération de compositeurs de s'affirmer sur la scène internationale : Quincy Jones, Lalo Schifrin, Aaron Copland, Leonard Bernstein, Philip Glass et Astor Piazzolla. Ce dernier, lorsqu'il arrive à Paris, maîtrise déjà l'écriture néo-classique grâce à Alberto Ginastera. Mais il lui manque l'essentiel : la personnalité et la révélation. Piazzolla est un tanguero génial, mais frustré. Il veut être Bartók, Stravinsky, pas Troilo ou Julio De Caro. À la fin de son année d'études, Nadia Boulanger critique le manque de personnalité de ses compositions et lui demande ce qu'il faisait avant de venir chez elle. Piazzolla lui révèle qu'il était bandonéoniste et qu'il a écrit des tangos. Elle lui demande de jouer une de ses compositions. Il joue Triunfal. Elle s'emploie alors à mettre en lumière chez lui un concept très à la mode à l'époque : utiliser les musiques populaires comme un inépuisable vivier d'idées, tout en l'enrichissant d'un langage évolué et contemporain.

S'en suivront le retour à Buenos Aires et de nombreuses créations d'orchestre : Orquestra de Cuerdas y Octeto Buenos Aires, le Quinteto Tango Nuevo, El Conjunto Nueve, El Conjunto Electronico, à nouveau le Quinteto Tango Nuevo puis le Sex-teto

Oblivion icic interprété par son auteur. Le festival vous le présentera au violon
Ah, l'âme argentine....