MUSIQUE AU LEMAN 2014

Sergueï PROKOFIEV

Compositeur, pianiste et chef d'orchestre

Les dons musicaux de l’enfant apparaissent si évidents qu’elle décide très tôt de l’engager dans une carrière musicale. En 1900, âgé de huit ans, il accompagne sa mère à Moscou, où il assiste à deux opéras. De retour à Sontsovka, il compose un opéra destiné aux enfants, Le Géant. En 1902, sa mère vient avec lui vivre à Moscou afin qu'il commence à prendre des cours avec des professeurs de renom : il travaille principalement la composition avec Reinhold Glière, qui lui enseigne la théorie et l'harmonie. En 1904, sa mère décide de l'emmener à Saint-Pétersbourgn 2 pour qu'il poursuive ses études. Il entre au conservatoire de Saint-Pétersbourg, à l'âge de treize ans. Il étudie l'orchestration avec le compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov, le piano avec Anna Iessipova (en), la composition avec Anatoli Liadov et la direction d’orchestre avec Nicolas Tcherepnine. Prokofiev est, dès son entrée au conservatoire, un enfant terrible, résolument anticonformiste, convaincu de son talent et de sa supériorité sur ses camarades et même sur ses professeurs. Prokofiev revendiquera cette étiquette tout au long de sa carrière. « Extérieurement, cet homme robuste, sportif et même provocateur dans ses costumes, dans sa façon naturelle et dans ses redoutables humeurs, peut apparaître comme une sorte d’improvisateur brillant » rapporte un écrivain russe.

En 1914, Prokofiev décide de partir à la rencontre de l'Europe, où Igor Stravinski et son impresario Serge de Diaghilev triomphent à Paris avec les célèbres Ballets russes. Il fait la connaissance de Diaghilev à Londres en 1914 et lui joue son Second concerto pour piano. Diaghilev est tellement impressionné qu'il lui commande sur-le-champ une composition pour ballet sur un thème de son choix. Prokofiev compose Ala & Lolli, mais Diaghilev est déçu par le résultat et refuse de monter le ballet. Prenant cela comme un défi, Prokofiev transforme l'œuvre et décide de la monter lui-même, mais c'est finalement un échec. Diaghilev ne perd cependant pas Prokofiev de vue ; un peu plus tard, il monte un nouveau ballet, nommé Chout ou L'histoire d'un bouffon, qui est, lui, un succès.
Entre 1915 et 1917, Prokofiev est littéralement dévoré par la passion de la composition; il aborde tous les genres, avec le même bonheur, et poursuit simultanément la réalisation de partitions radicalement différentes. La trilogie symphonique est complétée par la très célèbre Symphonie classique tandis que le piano lui inspire les Troisième et Quatrième Sonates, enfin la voix est utilisée dans l'opéra Le joueur, dans plusieurs cycles de mélodies et dans la cantate Sept, ils sont sept.
À la chute de Nicolas II en mars 1917, Prokofiev se réfugie dans le Caucase pour continuer à écrire en paix. En 1918, il revient à Pétrograd pour y présenter sa Symphonie classique, sa première symphonie, mais le pays est au bord de la guerre civile et la censure bolchevique est omniprésente. Prokofiev, qui était plutôt sympathisant des idées progressistes, décide de suivre Stravinski dans l'exil, plus par souci d'avoir tout son temps pour la musique que par idéologie. Il conserve des relations avec le pays.

Le compositeur emtame alors ses années d'exil. En france puis en Bavière. Il se marie en 1923. APrès un passage en France, ne supportant pas son exil, Prokofiev, retourne en URSS. Là commence une vie délicate durant laquelle il écrira les pièces les plus connues et fournira des musiques pour les film de Eisenstein.

La seconde guerre lui impose de fuir une nouvelle fois. Il meurt le même jour que Staline, le 5 mars 1953.

Regardons le ballet de Romeo et Juliette